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Mardi 24 juillet 2 24 /07 /Juil 06:00

73304-23-4153-6-96-8 73304-23-4153-6-96-8 est le titre un peu barbare et pour le moins mystérieux de l'une des BD de Thomas Ott (ou T.O.T.T pour les connaisseurs). Personnellement, je découvre cet auteur au style graphique reconnaissable entre milles, grâce (encore une fois) à mes amis de K.BD.

 

73304-23-4153-6-96-8, c'est le numéro qui est inscrit sur un petit bout de papier que possède un condamné à mort. Il le garde précieusement dans sa bible en attendant son exécution. Le jour de sa mort, sur la chaise électrique, celui-ci laisse tomber le papier. Peu après l'évacuation du cadavre, le bourreau découvre et ramasse le papier qu'il met machinalement dans sa poche.

Le lendemain matin, le bourreau repère un chien errant devant chez lui. Ce même chien viendra quelques temps plus tard attendre devant sa porte. Attendrit, il le fait entrer chez lui et le nourrit. L'homme remarque alors le numéro tatouer sur l'oreille du chien... 73304... Ainsi que son nom... Lucky... La chance à telle tourné pour lui, pas sûr.

 

Thomas Ott (Tales of error, la bête à cinq doigts) est un auteur qui a su développer un univers pour le moinsnombre déroutant et lugubre (son site internet en ait un exemple flagrant). Cet album est angoissant, d'abord par son aspect graphique, le noir est omniprésent. Un résultat qu'obtient l'auteur grâce à la technique dite "de la carte à gratter" (scratchboard) qui consiste à, ni plus ni moins, que de graver une surface cartonnée enduite de différents produit dont de l'encre de chine (je vous laisse vadrouiller sur wiki pour en savoir plus). Les pages elles-mêmes sont noires afin d'assombrir un maximum le récit.

Cette sensation oppressante vient également du fait que la BD est muette. Et pour le coup, c'est une excellente nouvelle pour le lecteur, car cela m'a permis de me focaliser sur les cases, de fouiller dans les arrières plans à la recherche de quelques subtilités. Et franchement, même s'il n'y a pas de texte, j'ai passé pas mal de temps à contempler la technique de Thomas Ott, tant son travail sur le cadrage est également très recherché.

 

Mais derrière le graphisme, il y a forcément un récit, un message qu'il serait dommage d'éluder. Habitué à traiter cette thématique de la peine de mort, l'auteur porte ici un regard cynique sur cet homme chargé de donner la mort, pas forcément passionné par son travail (mais peut-on éprouver de la passion lorsque l'on donne la mort ?), et attiré par la promesse d'une autre vie que celle rythmée par les exécutions. L'auteur fait preuve de cruauté envers son personnage, et la petite phrase en début d'album prend tout son sens une fois l'album refermé.

 

"Good people are always so sure they're right"

 

73304-23-4153-6-96-8 est un album sinistre mais dans lequel le récit est mené de façon magistrale. L'auteur réussit à nous plonger dans son univers grâce à des planches somptueuses et un cadrage cinématographique. 73304-23-4153-6-96-8 est une expérience différente de ce que l'on peut avoir généralement en BD. Une belle découverte.

 

73304-23-4153-6-96-8 

73304-23-4153-6-96-8De Thomas Ott 

Edité par l'Association / 2008

Planches: 140



 

Baladez-vous sur...

Le site de Thomas Ott

Le bar à BD de Mo'

Le site IDDBD de David

La tanière du Champi


 

PlancheS 17705

 

 

 


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Vendredi 11 novembre 5 11 /11 /Nov 07:00

POULET AUX Poulet aux prunes est un album de Marjane Satrapi dont on ne présente plus le fabuleux Persépolis. Un album adapté cette année (sortie le 26 octobre), pour le cinéma et réalisé en collaboration avec Vincent Paronnaud (Winshluss). On ne change pas une équipe qui gagne puisque Persépolis était déjà le fruit de cette coopération Satrapi/Paronnaud.  Et tout comme dans Persépolis, Marjane raconte une partie de son enfance en Iran et plus particulièrement une histoire inspirée de son grand-oncle Nasser Ali Khan.

 

Le récit se déroule en 1958 à Téhéran, musicien au talent reconnu de tous, Nasser Ali Khan est, depuis peu, devenu inconsolable. Lui qui vivait au travers de sa musique, il n'est plus rien depuis que son târ, son instrument de prédilection, a été cassé. Désespérément, il se met à la recherche d'un autre tar digne de son talent. Il finit par en trouver un, mais, malheureusement, Nasser n'éprouve plus le même plaisir qu'avant. Ayant perdu l'une de ses seules raisons de vivre (en dehors de sa fille Farzaneh), il décide alors de se laisser mourir.

pouletauxprunes

Si Persépolis était un récit largement axé sur la politique où Marjane Satrapi racontait son enfance au coeur de la révolution Iranienne de 1963, poulet aux prunes s'inscrit plus dans une chronique familiale en narrant les derniers jours d'un homme qui semble avoir perdu le goût de vivre en même temps que sa musique. L'on découvre d'ailleurs, petit à petit que le problème est un peu plus complexe que ce qu'il n'y parait, grâce, en partie, à un jeu de flash-back intelligemment utilisé.

Ce que j'aime particulièrement dans les récit de Marjane Satrapi, c'est cette façon qu'elle a de saupoudrer ses scénarios d'une bonne dose d'humour, malgré des thèmes épineux pas toujours simple à traiter. Côté dessin, je retrouve le style simple sans fioriture, en noir et blanc qui m'avait déjà beaucoup plu dans Persépolis.

 

Bref J'ai apprécié ce poulet aux prunes, même si je dois l'avouer je lui préfère Persépolis qui possède à mon sens un peu plus de qualités et d'intérêts.

 

POULET AUXPoulet aux prunes

De Marjane Satrapi

Editeur: L'association / 2004

Planches: 84

 

Poulet+aux+prunes+1  pouletprunes 1


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Vendredi 6 août 5 06 /08 /Août 08:00

entete lapinot carotte

Je ne suis pas forcément fan de tout ce que fait Lewis Trondheim, mais il faut avouer que la série Lapinot est assez fraîche et après la lecture de quelques tomes de cette série, j'ai décidé de lire le tout premier volume, celui qui a lancé le personnage. Poussé par les éloges que j'avais pu voir ici et là, j'étais confiant.

 

Puis j'ai reçu le pavé...oui un pavé de 500 pages, réalisé comme un gaufrier (dixit Trondheim), 4 cases par 3 qui devient fatiguant à la longue.

Première sensation, c'est mal dessiné...c'est du Trondheim, certes, on sait ce que l'on achète mais là c'est vraiment mal dessiné, le trait est grossier comme pas possible (Trondheim avoue lui-même dans la préface avoir grossi les traits volontairement pour effacer les imperfections). Cependant, ne vous inquiétez pas trop, le dessin va quand même évoluer un peu (voire beaucoup) pour prendre le style que nous connaissons dans les "Lapinot" d'aujourd'hui, la couleur en moins.

 

Mais depuis quelques années, je ne me focalise plus sur le graphisme exclusivement, et ce qui m'interresse le plus, c'est le scénario...je me dit qu'il faut laisser sa chance au produit.

 

Début de lecture donc, on nous présente Lapinot, personnage de l'ordre des lagomorphes...un lapin quoi !!

Un lapin un peu naïf qui doit partir à la recherche des "sensationnelles" carottes de Patagonie...ouais ok !! Dans sa quête, il rencontrera une multitude de personnages (trop de personnages tuent le récit ^^) qui l'aideront ou qui se serviront de lui pour arriver à leurs fins.

 

Pour Lewis Trondheim, le but était de créer une histoire au fur et à mesure des pages sans fil conducteur, pour le coup c'est réussit, on ne voit pas où tout cela nous emmènes.

Et c'est tout à son honneur d'avoir tenté cette aventure, le seul problème, c'est que cette improvisation constante rend le tout, brouillon, un joyeux fouillis parfois amusant quand même (quelques mimiques de Lapinot valent le détour), mais rien qui me fait me plier en quatre.

 

Pour le reste l'auteur part dans des délires improbables, et nous gratifie d'une fin que certains annoncent comme "surprenante"...mais que moi je juge bâclée (ça n'engage que moi ^^)...une queue de poisson qui laisse un goût d'inachevé.

 

Lapinot est un ovni, un truc expérimental qui certes était original à l'époque mais qui ne m'a pas convaincu, et pourtant j'aime ce qu'à réalisé Trondheim par la suite...une oeuvre de "jeunesse" que je ne vous conseille que si vous êtes un adorateur, fan absolu de Lapinot ou de cet auteur atypique.

 

N.D.R: le site de Lewis Trondheim

 

Chroniques-2010 7656Chroniques-2010 7657Chroniques-2010 7658

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